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Benzimidazoles Molécules repositionnées

Famille fenbendazole et cancer : 30 brevets en 50 ans !

[an english version of this article is available here]

Qui dit mieux ?

Cela paraît étonnant et pourtant… je suis le seul à avoir fouillé les bases de données de brevets.

Vous ne le savez sans doute pas mais les molécules dont les onconautes parlent beaucoup – le fenbendazole et le mébendazole – appartiennent à la famille chimique des benzimidazoles carbamates.

Cela fait un demi-siècle qu’on les utilise comme antiparasitaires et fongicides.

Et cela fait un demi-siècle que l’on connaît certaines de leurs propriétés anticancéreuses (la première d’entre-elles étant l’inhibition des microtubules ce qui bloque la prolifération des cellules).

Ces propriétés sont non seulement validées par des études mais également par le dépôt de nombreux brevets.

Les faux diplômés qui vous répètent ad nauseam que vous n’êtes pas un cheval, ni un chien et que l’utilisation d’un vermifuge contre le cancer relève du charlatanisme sont au mieux des crétins, au pire, des collabos payés par Big Pharma.

Certains cumulent les deux, bien entendu. 😉

Je vous présente donc une liste surprenante de 30 brevets déposés sur une cinquantaine d’années qui tous relient des benzimidazoles carbamates… au cancer.

Année, déposant, titre du brevet (traduction en français) et lien direct vers Google Patents.

Dans cette liste, on trouve du lourd :

-Janssen, filiale du géant pharmaceutique Johnson&Johnson

-mais aussi Procter&Gamble (autre géant américain, avec des produits de grande consommation comme Pampers, Gilette, Vicks, les lessives Ariel, Tide, etc.)

-ou encore la célèbre université américaine John Hopkins (liée à l’hôpital du même nom et au centre national du cancer Sidney Kimmel)

-sans oublier des Chinois, Sud-Coréens, Australiens, Britanniques, Suédois, Singapouriens… bref : de tout.


Le premier du peloton (d’après mes recherches) : février 1976 !

Il s’agit d’un dépôt effectué à l’INPI (France).

Déposant : Janssen (société pharmaceutique fondée en Belgique en 1953 puis rachetée par Johnson&Johnson. Le docteur Paul Janssen était un véritable inventeur. On lui doit l’imodium, le mébendazole ou encore le fentanyl).

Titre : « Carbamates de benzimidazolyle favorisant la régression de troubles ou maladies néoplastiques »

(de nos jours, on utilise plutôt l’adjectif « néoplasique »).

Lien : https://worldwide.espacenet.com/patent/search/family/024218138/publication/FR2302734A1?q=FR2302734A1

1996
Procter&Gamble
Utilisation des benzimidazoles pour la fabrication d’un médicament destiné au traitement de la leucémie
Lien : https://patents.google.com/patent/EP0831816A1/en

1996
Procter&Gamble
Composition pharmaceutique pour inhiber la croissance des cancers
Lien : https://patents.google.com/patent/US5929099A/en

1998
Procter&Gamble
Méthode de traitement du cancer par un benzimidazole et un agent chimiothérapeutique
Lien : https://patents.google.com/patent/US6271217B1/en

1998
Etats-Unis (Cell Pathways Inc)
Méthode d’inhibition des cellules néoplasiques par des dérivés de benzimidazole
Lien : https://patents.google.com/patent/US6348032B1/en

2000
Procter&Gamble
Composés et méthodes d’utilisation de ces composés dans le traitement du cancer ou des infections virales
Lien : https://patents.google.com/patent/US6407105B1/en

2001
Procter&Gamble
Les benzimidazole-2-carbamates et leur utilisation dans le traitement du cancer
Lien : https://patents.google.com/patent/WO2001083457A2/en

2001
Etats-Unis (CombinatoRx Inc)
Associations de médicaments (par exemple, un benzimidazole et de la pentamidine) pour le traitement des troubles néoplasiques
Lien : https://patents.google.com/patent/US6693125B2/en

2002
Etats-Unis (Université publique du Texas)
Médicaments anthelminthiques comme traitement des maladies hyperprolifératives
Lien : https://patents.google.com/patent/US7423015B1/en

2002
Australie (NewSouth Innovations Pty Ltd)
Méthode pour le traitement du cancer (albendazole)
Lien : https://patents.google.com/patent/US20050038022A1/en

2002
Procter&Gamble remet ça
Composition pharmaceutique pour inhiber la croissance des virus et des cancers (avec un dérivé d’un benzimidazole carbamate)
Lien : https://patents.google.com/patent/US6479526B1/en

2005
On passe en Chine
Traitement du cancer (brevet autour d’un benzimidazol carbamate)
Lien : https://patents.google.com/patent/CN101111248A/en

2005
Australie (NewSouth Innovations Pty Ltd)
Traitement du cancer avec un benzimidazole + une chimio classique
Lien : https://patents.google.com/patent/US20090286838A1/en

2008
Singapour (S’BIO Pte Ltd)
Association d’un agent anticancéreux benzimidazole et d’un second agent anticancéreux
Lien : https://patents.google.com/patent/US20100098691A1/en

2010
Hôpital pour enfants de Boston (dépend de l’université d’Harvard)
Compositions pour le traitement du cancer métastatique
Lien : https://patents.google.com/patent/US20120064008A1/en

2013
Chine (Hangzhou Leisuo Pharmaceutical)
Application de l’oxibendazole dans la préparation de médicaments anti-angiogéniques
Lien : https://patents.google.com/patent/CN103054858A/en

2016
John Hopkins, célèbre université américaine (et centre anticancer)
Polymorphe de mébendazole pour le traitement et la prévention des tumeurs
Lien : https://patents.google.com/patent/US11110079B2/en

2018
Grande-Bretagne (université de Bradford)
Mébendazole utilisé dans le traitement du cancer
Lien: https://patents.google.com/patent/WO2018138510A1/en

2018
Etats-Unis (université de Georgetown)
Traitement du mélanome par le mébendazole avec un inhibiteur de la protéine-kinase
Lien : https://patents.google.com/patent/US11179395B2/en

2018
Etats-Unis (Shepherd Therapeutics, Inc.)
Traitements anticancéreux par le mébendazole et méthodes d’utilisation
Lien : https://patents.google.com/patent/US20190175560A1/en

2018
Suède (Repos Pharma AB)
Traitement du cancer par l’utilisation du mébendazole
Lien : https://patents.google.com/patent/WO2019043108A1/en

2019
Chine (East China University of Science and Technology)
Utilisation du mébendazole dans la préparation d’un médicament pour le traitement de la leucémie lymphoblastique aiguë à lymphocytes T
Lien : https://patents.google.com/patent/CN110585199A/en

2019
Chine (Wenzhou Medical University)
Application d’un type de fenbendazole dans la préparation de médicaments antitumoraux (avec de la curcumine)
Lien : https://patents.google.com/patent/CN111388469B/en

2019
Chine, toujours déchaînée (Wenzhou Medical University)
Utilisation du fenbendazole dans la préparation de médicaments antitumoraux (cancer du poumon)
Lien : https://patents.google.com/patent/CN111388469A/en

2019
Corée du sud
Composition pour la prévention ou le traitement des maladies liées à l’angiogenèse, comprenant du mébendazole et des inhibiteurs de l’autophagie
Lien : https://patents.google.com/patent/KR20210083964A/en

2020
Chine toujours (Institute of Chinese Materia Medica)
Préparation à base de flubendazole, fenbendazole, mébendazole contre les tumeurs du cerveau
Lien : https://patents.google.com/patent/CN113398122A/en

2020
Corée du Sud (Korea University Industry-Academic Cooperation Foundation)
Dérivé d’un benzimidazole dans le cancer du sein
Lien : https://patents.google.com/patent/KR102516896B1/en

2020
Grande-Bretagne (Zephapharm Ltd)
Associations pharmaceutiques comprenant du mébendazole et un inhibiteur puissant ou modéré du CYP1A2
Lien : https://patents.google.com/patent/WO2020165559A1/en

2021
John Hopkins remet le couvert
Effet préventif du mébendazole contre les tumeurs malignes dans la neurofibromatose
Lien : https://patents.google.com/patent/US11850235B2/en

2021
Chine (Dongguan Peoples Hospital)
Application de l’orendazole comme médicament contre le cancer des ovaires
Lien : https://patents.google.com/patent/CN113648308A/en

2022
Chine encore (Fuzhou Medical College Of Nanchang University)
Préparation mébendazole contre mélanome uvéal (tumeur de l’oeil, 500 à 600 cas en France par an) (le mébendazole est encapsulé dans des liposomes)
Lien : https://patents.google.com/patent/CN115177590A/en

2023
Chine (Jilin University)
Application du fenbendazole dans la préparation de médicaments ciblant les cellules souches du cancer du col de l’utérus
Lien : https://patents.google.com/patent/CN116808026A/en

2023
Corée Sud (Kangwon National University Industry-Academic Cooperation Foundation)
Agent thérapeutique contre le cancer colorectal comprenant du fenbendazole et du TRAIL comme principes actifs
Lien : https://patents.google.com/patent/KR20250014671A/en


Je précise que cette liste n’est pas complète. Ces molécules sont étudiées sous d’autres angles (vétérinaire, agriculture).

Certains se penchent même sur les propriétés anti-âge du fenbendazole !

2023 : « Un composé benzimidazole à activité anthelminthique utilisé pour inverser, stopper ou ralentir le vieillissement cellulaire chez un sujet vertébré. »

Lien : https://patents.google.com/patent/EP4539808A1/en

Le fenbendazole/mébendazole agirait également comme un immunomodulateur (ce qui serait assez logique dans le cadre du cancer).

2007 : https://patents.google.com/patent/WO2008036747A2/en

Merci de promouvoir cet article autour de vous et sur les réseaux sociaux ; le cancer est aussi une lutte de communication.

Cette liste factuelle de 30 brevets sur un demi-siècle donne un argument de poids aux onconautes qui expérimentent avec ces molécules ou les étudient.

Elle cloue le bec aux idiots in-utiles qui dénigrent ces produits en répétant de simples slogans.

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Prostate

Cancer de la prostate : remettons le sexe au milieu

Poterie grecque, 5è siècle avant notre ère. Désolé, mais vous n’avez rien inventé 😉

Mes excuses pour le titre légèrement racoleur bien que techniquement valide.

Quelle est la fonction de la prostate, organe situé sous la vessie de l’homme ? Produire le fluide (prostatique donc) qui va liquéfier et nourrir les spermatozoïdes (lesquels sont fabriqués par les testicules) formant ainsi le sperme.

Tout est clair ?

Premier bug : la prostate n’est pas stérile. Il y a des micro-organismes à l’intérieur mais surtout autour. La prostate est liée à l’urètre et donc au pénis. D’où le titre : l’activité sexuelle masculine est liée, physiquement, à la prostate.

C’est un une continuité. Un tout.

J’ai lu récemment un article pointant des associations (positives ou négatives) entre activité sexuelle et cancer de la prostate.

Titre : « Cancer de la prostate : un nombre élevé de partenaires aurait un effet protecteur » (lien)

« Lorsqu’un homme a fréquenté plus de 20 femmes dans sa vie, son risque de développer un cancer de la prostate est réduit de 28 %« 

L’article poursuit : « En revanche, un homme qui a connu plus de 20 partenaires masculins dans sa vie connait un risque deux fois plus grand de souffrir d’un cancer de la prostate par rapport à ceux qui n’en ont fréquenté aucun.« 

Je ne vais pas vous fatiguer à détailler les études sur ce sujet. Sachez qu’il y en a plusieurs et qu’elles parviennent à des conclusions parfois contradictoires.

En gros, c’est flou.

Aucune surprise ; tout ce qui touche à l’intimité n’est pas fiable d’un point de vue statistique.

Le sexe est intime, par définition. Nous n’avons pas encore installé -et heureusement- des caméras et des capteurs dans nos caleçons et nos chambres à coucher.

Tout le monde comprendra donc que les chiffres sont au mieux approximatifs voire franchement loufoques (et ne parlons même pas des biais, etc.)

Par ailleurs, un rapport sexuel avec 20 femmes ou hommes d’un soir avec préservatif n’a aucun rapport, c’est le cas de le dire, avec des relations multiples non protégées avec 20 partenaires sur des périodes de temps longues.

Enfin, il est difficile de comparer les pratiques sexuelles entre elles. Une pénétration vaginale n’est pas « égale » à une pénétration anale.

Bref, ces études sont intrinsèquement fragiles.

Mais passons outre et effectuons un travail d’imagination.

Le sexe est une voie royale pour les micro-organismes qu’ils soient pathogènes ou non. Car c’est une constante, un absolu biologique même : hommes et femmes copulent depuis la nuit des temps. Aucune religion, ni idéologie ni convention sociale n’a jamais pu supprimer cette nécessité vitale.

Bref, d’un point de vue évolutionniste, cette voie est parfaite pour un germe qui chercherait à pénétrer, littéralement, un organisme sain, se multiplier et ensuite contaminer d’autres hôtes.

Le sexe est ainsi le moyen de la survie (pour eux comme pour nous).

Voilà pourquoi de redoutables bactéries, virus, parasites et autres champignons (syphilis, herpès génital, Chlamydia, papillomavirus humain, gonorrhée, hépatite B, VIH, trichomonase, mycose génitale, etc.) se transmettent par voie sexuelle.

Pas parce que c’est ludique mais parce que c’est foutrement efficace. 😉

Lors d’un rapport sexuel d’autres micro-organismes en profitent et sautent dans le wagon.

Et si plusieurs partenaires au long cours (rapports vaginaux non protégés répétés) permettaient d’enrichir les microbiotes ? Celui de la vessie et celui de la prostate ?

Entraînant ainsi une stimulation à bas bruit, mais longue, du système immunitaire et donc des défenses anti-tumorales ?

A l’inverse, des rapports anaux non protégés, exposeraient le donneur à des microbiotes disons davantage pathogènes ?

Pas de malentendu : aucun jugement moral ici.

L’article avance l’idée de la stimulation mécanique de la prostate (lors de la sodomie) qui entraînerait des lésions, lesquelles expliqueraient la hausse du risque. Cela semble extrême.

Augmentons encore la focale. Les microbiotes sont par essence des équilibres.

Prenons Candida Albicans par exemple. Il vit en chacun de nous.

Tant que d’autres micro-organismes le tiennent en respect, tout va bien. Mais parfois, il devient envahissant et donc pathogène (la nature ayant horreur du vide selon l’expression consacrée).

On parle alors -plus généralement- de dysbiose.

Déséquilibre.

Bref. Rappelons cette évidence : tout rapport sexuel génère une grande foire aux micro-organismes.

Et au lieu de réinventer la roue tout en constatant des corrélations, nous devrions sans doute nous concentrer là-dessus.

Je me souviens d’une étude publiée en 2025 explorant le microbiote oral chez de jeunes mariés (durant les 6 premiers mois).

Les baisers profonds menaient à une forme d’égalisation des microbiotes oraux chez les tourteraux ainsi qu’à une égalisation de leur humeur (anxiété, dépression, insomnie, etc.).

Est-ce si extravagant ?

Le couple représente comme un partage de terrain. Les 2 partenaires y apportent leurs propres semences, leurs propres engrais, en mélangeant le tout.

Soyons lucides : que ce soit par la bouche, le vagin ou l’anus (sans oublier la peau, autre organe souvent oublié), tout contact sexuel prolongé entre 2 individus entraîne l’échange d’une multitude de germes.

Ces échanges peuvent bien sûr être négatifs (une bonne petite chaude-pisse ou une syphilis carabinée)… Mais pourquoi pas positifs chez l’homme au regard de sa prostate ?

Cette hypothèse, physiquement logique (l’urètre est une porte d’entrée vers la prostate) permettrait d’expliquer -simplement- les corrélations détectées entre activité sexuelle et cancer.

Résumons :

-certitude 1 : le cancer est lié au système immunitaire

-certitude 2 : les microbiotes sont liés au système immunitaire (positivement et négativement)

-certitude 3 : tout rapport sexuel entraîne un échange de micro-organismes entre les 2 partenaires : un bouillon de culture

-hypothèse 1 : certains micro-organismes échangés pourraient avoir un effet protecteur contre les tumeurs (via la stimulation du système immunitaire ou via le rétablissement de l’équilibre des microbiotes redonnant ainsi au système immunitaire sa plénitude fonctionnelle)

-hypothèse 2 : et si les Grecs anciens avaient tout compris avec leur mithridatisation ?

Trop de pathogènes de la même espèce récoltés durant un seul rapport provoquent une maladie.

Mais seulement quelques germes, d’espèce différentes, innoculés de manière répétée… renforceraient au contraire les défenses naturelles, réduisant ainsi, par ricochet, le risque cancéreux dans la prostate ?

PS : concernant la prostate et donc le fameux test PSA, je vous rappelle le livre -essentiel- du découvreur de cette protéine. The great prostate hoax : How Big Medicine Hijacked the PSA Test and Caused a Public Health Disaster.

Fiche de lecture ici : https://onconautes.com/2025/09/13/livre-the-great-prostate-hoax/

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Cancer : le vétérinaire qui murmure à l’oreille des chiens

« Il y a des résultats », dit Jean-Yves Gauchet, vétérinaire à Toulouse. Il agite devant la caméra un bidon de Panacur 2,5 % (il s’agit de fenbendazole, l’antiparasite vétérinaire popularisé par Joe Tippens à partir de 2016).

« Un litre, à raison de 5 ou 10 millilitres par jour, il y a de quoi traiter longtemps, et pour pas cher ! », plaisante-t-il.

(à noter que Joe Tippens utilisait la même marque mais en granules. La version liquide 2,5 % contient 25 mg de fenbendazole par millilitre)

Jean-Yves Gauchet explique sa démarche : « Face à un cancer chez un animal on a trois possibilités. En fonction de l’avancement de la maladie, l’euthanasie. Ou alors la médecine conventionnelle (chirurgie, chimio, rayons, immunothérapie). Et au milieu on peut temporiser, on accompagne l’animal tout en essayant quand même de faire au mieux avec ce qu’on a sous la main. Une discussion s’engage avec les propriétaires. Et dans un cadre compassionnel, des traitements alternatifs peuvent être proposés. »

Il utilise ainsi le fenbendazole en association avec l’ivermectine (autre antiparasitaire, bithérapie préconisée par le docteur William Makis à partir de 2024), un corticoïde et même du DMSO (diméthylsulfoxyde, un type de solvant).

« J’essaye de faire pénétrer l’ivermectine avec le DMSO, c’est une option. On envoie localement le remède choisi, qui est dissout et traverse les épidermes avec facilité. Le DMSO est régulièrement utilisé pour des tendinites chez les chevaux, l’innocuité est établie. »

Il temporise : « Je n’ai pas assez de recul, pas assez de cas pour vous dire c’est comme ceci ou comme cela qu’il faut procéder. Mais sur les cinq cas que je gère en ce moment (lymphomes, tumeur à la mâchoire, etc.), c’est plutôt positif. On a déjà gagné quelques mois… »

Il s’agit d’un art comme toute médecine et non pas l’application de protocoles fermement établis. Même si les vétérinaires connaissent et utilisent ces molécules depuis des lustres.

« On part d’abord sur des doses vermifuges pour vérifier que l’animal supporte bien. Et puis on augmente », explique-t-il.

« Avec l’ivermectine, je le fais en injectable. Elle n’a pas d’AMM [autorisation mise sur le marché] pour les chiens et les chats. Elle sert contre les parasites internes et externes chez les chevaux, les cochons. Mais on l’utilise quand même pour les gales sarcoptiques. A noter que certaines races canines comme le berger australien ne supportent pas cette molécule. »

« J’ai un certain recul avec des soins hors AMM mais dans un cadre compassionnel. » Il souligne : « On tâtonne bien sûr, mais ce sont quand mêmes des soins, avec assez peu de produits et en limitant les coûts. »

Il s’agit d’une problématique réelle pour le vétérinaire de quartier qui connaît « les enfants et les petits-enfants » de ses clients. Tout le monde ne peut pas dépenser des milliers d’euros même si certains n’hésitent pas à utiliser leur épargne ou même s’endetter pour aider leur animal malade.

« Je suis sûr que je ne suis pas seul, et au cours de discussions informelles, j’ ai bien compris que bien des vétos font cela cela dans leur coin. Parfois, sous la forme de recette qu’un patron [durant la formation du vétérinaire] aura transmise des décennies auparavant. »

« Prenons le lévamisole par exemple, ça fait longtemps que certains s’en servent contre le cancer, mais on n’en parle jamais. Ca ne coûte rien, on va tenter et on est dans le compassionnel. Mais il n’y a rien dans la littérature puisque c’est hors AMM. Avec des résultats d’ailleurs très mitigés… »

Le lévamisole est un anthelmintique mais d’une classe chimique différente de celle du fenbendazole. Ses propriétés immunostimulatrices furent étudiées dès les années 70.

C’est un point qu’il faut toujours rappeler (je le fais abondamment dans mon livre) : tout ceci n’est pas nouveau.

Nous connaissons les propriétés antitumorales des benzimidazoles carbamates (famille des fenbendazole, mébendazole, albendazole, etc.) depuis un demi-siècle (ciblage des microtubules ce qui induit l’apoptose des cellules cancéreuses mais il y a d’autres mécanismes, lire ici).

Jean-Yves Gauchet exerce dans son cabinet à Toulouse depuis quatre décennies. « En solo », précise-t-il. « C’est un peu l’avantage et le drame du solo : il (ou elle) est libre dans ses choix thérapeutiques, tout en restant seul(e) dans son coin. »

Et le cancer dans sa pratique quotidienne ? « On voit moins de tumeurs mammaires, c’est certain parce qu’on stérilise les femelles, c’est le grand repos hormonal. Je pense que cela joue énormément. Par contre, beaucoup de leucémies et aussi des tumeurs cutanées, y compris bénignes. Et l’on dispose d’ailleurs de solutions efficaces, par exemple pour les mastocytoses avec le Stelfonta, un produit injectable directement dans la tumeur, avec d’excellents résultats. »

Echange-t-il avec des confrères sur ces sujets ? Peu. « On a la tête dans le guidon, pas trop le temps de papillonner. »

Au niveau de la communication professionnelle, « il y a bien sûr des réunions mais elles sont organisées par des labos, avec en filigrane des informations commerciales… Ou alors des conférences quant à l’état de l’art sur tel ou tel sujet, avec des spécialistes reconnus, mais souvent cela nous dépasse un peu. C’est plutôt pour les cliniques avec de gros moyens. Personnellement je n’y vais pas trop », confie-t-il.

Jean-Yves Gauchet, âgé de 77 ans, trouve toujours le temps d’écrire de nombreux articles sur Effervesciences, son remarquable blog scientifique : https://effervesciences.info.

Le vétérinaire explore des sujets très éclectiques et montre une curiosité encyclopédique.

On trouve aussi bien la bioluminescence chez certains champignons, les infrasons des éoliennes, l’art de déchiffrer les statistiques sur le cancer, l’évolution du microbiome avec l’âge, Moïse sauvé des eaux dans les mythologies antiques, le microbiome cérébral des poissons, l’hydrogène vert et la géopolitique de l’eau, ou encore les vocalisations ultrasoniques des souris et des questions aussi existentielles que : Pourquoi la bière mousse-t-elle moins quand on penche le verre ? 😉

« Grâce à Effervesciences, j’ai toujours mis mes doigts un peu partout, y compris sur des sujets qui chauffent, donc le cancer parmi d’autres », explique-t-il.

Il se passionne également pour les amers (extraits des plantes, comme par exemple le houblon, la gentiane, la quinine ou encore la berbérine).

Il veut les utiliser en dermatologie et créer ainsi une « amérothérapie » dédiée aux animaux, mais également aux humains.

(pour plus de détails : https://theraps.fr/un-amer-universel-pour-soigner-de-multiples-pathologies)

Les amers occupent une place de choix et historique dans les pharmacopées du monde entier. « Il y a encore dix ans, on pensait que les substances amères n’étaient ressenties que dans la muqueuse buccale, avec un rôle d’alerte contre des toxiques , comme les alcaloïdes. En fait, ces récepteurs d’amertume, nous et les animaux, en avons plein le corps où ils jouent un rôle de régulation… C’est passionnant, on est au tout début d’une nouvelle phytothérapie pleine de promesses. »

La vie professionnelle de Jean-Yves Gauchet est donc parcourue par ce fil d’Ariane si important pour la médecine et la recherche scientifique : la curiosité et l’ouverture d’esprit.

Bien loin des dogmes et des anathèmes.

Face à ses animaux malades, Jean-Yves Gauchet est bien un onconaute.


APPEL AUX VETOS

Que vous exerciez en France ou ailleurs et si, comme Jean-Yves Gauchet, vous explorez des pistes thérapeutiques alternatives pour soulager des animaux cancéreux, n’hésitez pas à témoigner.

Pour me contacter : cdubuit@onconautes.com

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Rançon du succès : explosion de la fraude

Les arnaques en ligne sont nombreuses, pénibles. Mais quand elles visent des malades, des gens qui souffrent, qui ont peur, alors elles deviennent odieuses.

Le cancer n’échappe pas à cette règle universelle de la saloperie humaine.

Prenons deux cas emblématiques pour illustrer ce phénomène.

Joe Tippens (l’Américain qui ne veut toujours pas mourir, voir chapitre 17 de mon livre) et le docteur William Makis.

Le premier a popularisé le fenbendazole, le benzimidazole vétérinaire, en 2016 (contre son cancer des poumons métastasé), via deux canaux (et seulement deux) :

-son blog : https://mycancerstory.rocks/

-son groupe Facebook (64 000 membres) : https://www.facebook.com/groups/mycancerstoryrocks/

Tout le reste est frauduleux.

On tombe de sa chaise quand on voit un faux compte X créé en octobre 2024, utilisant son nom et sa photo et postant des vidéos (réalisées par IA) : https://x.com/JoeTippen.

Un compte avec 86 000 followers !

Ici le but de l’entourloupe est clair : vendre les médicaments du protocole… mais élargi. Une véritable pharmacie : fenbendazole, ivermectine, mébendazole, vitamine B17, bleu de méthylène, etc.

Tout le Who’s who comme disait Audiard.

Le fraudeur n’accepte que les paiments en cryptomonnaies (et pour cause).

Quant au docteur William Makis (vivant au Canada), là on passe au stade industriel.

Répétons-le, il n’utilise que quatre moyens de communication :

-un compte X : https://x.com/MakisMedicine

-un compte Substack : makisw.substack.com

-une adresse email : info@makisw.com

-une chaîne Youtube : https://www.youtube.com/@makisw (qu’il commence tout juste à utiliser)

Makis compte pas moins de 632 000 followers sur X (pour son portrait, lire mon article ici).

Il jouit d’une surface médiatique bien plus large que celle de Joe Tippens… donc les fraudeurs s’adaptent, se mettent à l’échelle !

Sur Facebook, on dénombre ainsi une centaine de profils frauduleux reprenant le nom, les photos et le contenu publié par -le vrai- Makis.

L’un de ces faux comptes totalise 42 000 abonnés ! Et se paye même le luxe de proposer un compte de secours (avec 8 000 abonnés). Il fait également la promotion d’un site web pour vendre des produits ainsi que des consultations en ligne.

L’une des tactiques classiques pour tromper les lecteurs (et futurs clients) consiste à indiquer une adresse e-mail visuellement proche.

A l’époque, l’adresse officielle de Makis était :

makisw79@yahoo.com

Ce fraudeur a donc créé :

markisw79@yahoo.com

En lisant vite, ça semble identique (alors que lettre « r » ajoutée).

Une autre crapule avec 19 000 followers emploie la même technique :

Son adresse de courrier électronique : info@makisws.com

Ici, un « s » a été ajouté à la fin.

Méfiez-vous. L’arnaque est simple mais fonctionne très bien (la véritable adresse est : info@makisw.com)

Enfin, soulignons une autre méthode utilisée par les fraudeurs, moins visible et pourtant très efficace : la pêche aux poissons.

Des profils sur Facebook ou X qui semblent légitimes, parfois avec des titres (docteur, « nurse » etc.), et qui interviennent dans les nombreux groupes consacrés au cancer.

Ils postent des messages, écrivent par exemple qu’ils ont acheté leurs médicaments sur tel ou tel site ou chez tel ou tel praticien.

C’est du rabattage, lourdingue et grossier mais parfois réalisé de manière assez fine. Là encore, le but est de vous piéger sur des sites commerciaux.

Face à ces individus, vérifiez toujours la date de création de leur compte (une première indication) et le contenu de leurs messages précédents (trop de répétitions les trahit).

Attention : par définition, les fraudeurs changent EN PERMANENCE et s’adaptent. Si un compte est fermé, un autre voit le jour derrière.

En attendant, les plateformes qui étaient si rapides pour censurer tel ou tel contenu politiquement incorrect (on se souvient de la Terreur durant le Covid) montrent une étonnante apathie.

Les gens de Meta doivent bien savoir que Makis ne dispose pas de compte Facebook et que donc tous les comptes qui utilisent son nom et sa photo sont frauduleux. Même une IA de base pourrait faire une telle inférence.

On attend toujours un grand ménage.

Pour finir, nous devons aborder un angle encore plus sinistre : la fraude pour salir, pour discréditer, pour provoquer le chaos informationnel, pour perdre les gens dans un labyrinthe de doutes et de mensonges.

Un homme comme William Makis avec son demi million d’abonnés X, ses liens avec le surgeon general de l’état de Floride ou encore l’épouse du gouverneur (financement de programmes autour du cancer et de l’ivermectine), ses interview et surtout ses centaines de témoignages de cancéreux qui osent prendre du mébendazole/fenbendazole avec de l’ivermectine et dont l’état s’améliore… forcément… tout ceci le transforme en cible.

On ne s’attaque pas impunément à Big Cancer.

Makis affirme ainsi que les autorités de l’Alberta le harcèlent et créent des faux comptes sur les réseaux sociaux pour le discréditer.

Les machines qui produisent des centaines de fausses vidéos (par IA) sur Youtube singeant certains commentateurs politiques (on pense à l’ancien ministre grec des Finances, ou encore le géopoliticien américain John mearsheimer sans oublier le Français Emmanuel Todd)sont bien réelles (lire à ce sujet l’article de France Info).

Ces « psyops » existent et se multiplient.

Il n’y a aucune raison de penser que Big Cancer n’utiliserait pas de telles méthodes face à une menace existentielle.

Donc, amis onconautes, soyez vigilants. Sur vos gardes. A l’affût.

La connaissance (ou la vérité si vous préférez) a toujours un coût.

Personnel et collectif.

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Livre : no more tears, the dark secrets of Johnson & Johnson

Le cancer vous ronge, vous ou un membre de votre famille ? Vous ne pouvez pas totalement comprendre ce qui vous arrive si vous n’étudiez pas le système dans lequel vous venez de pénétrer (et son histoire, politique, institutionnelle, réglementaire, j’y reviendrai dans un prochain article).

Il y a d’un côté le médical, la science (vous êtes dedans) mais de l’autre l’organisation, le système qui gère tout cela, qui en vit.

C’est un tout.

Ignorer un aspect c’est choisir de rester borgne.

J’ai nommé ce système Big Cancer. C’est une filiale très importante de Big Pharma.

Comment le définir ? Puissance et corruption.

Dans mon propre livre, j’ai donné une méthode pour mieux cerner cet état dans les états : parmi les nombreux ouvrages qui décrivent la corruption de Big Pharma, il suffit de procéder à un carottage temporel : sélectionnez 3 titres, couvrant la fin des années 90, les années 2010 et 2020.

C’est bête comme chou mais ça marche.

Aujourd’hui, je vous présente un livre important mais qui se concentre sur une seule société : Johnson & Johnson, le géant américain fondé en 1886.

Basée dans le New Jersey, la société fabriquait au début des compresses chirurgicales puis des pansements.

J & J est devenue la plus grande société pharmaceutique du monde (en terme de chiffre d’affaires). Elle compte 138 000 employés.

Vous connaissez son fameux talc pour les bébés (lancé en 1894 !) voire ses savons et shampoings (pour bébés aussi) ou encore le Tylenol (l’équivalent américain de notre Doliprane).

J & J est une icône, ni plus ni moins. Une icône marketing, graphique même (avec sa fameuse police de caractères et sa couleur rouge) et qui fait partie de l’american way of life.

Une société qui inspire confiance.

L’auteur, Gardiner Harris, est un journaliste scientifique qui a travaillé entre autres pour le New York Times, le Wall Street Journal. C’est carré. A l’américaine : une enquête poussée, une documentation bétonnée, une écriture soignée. Bref, du travail de professionnel. La preuve : il fut finaliste pour le prix Pulitzer.

Une précision qui me semble importante : le cercle rouge qui figure sur le haut de la couverture contient 3 mots… « Tromperie, corruption, mort ».

Car oui, cela décrit bien le programme !

Je ne vais pas évoquer le scandale du talc contaminé (avec de l’amiante). Mais plutôt me concentrer sur 2 chapitres : les opiacés et l’EPO (érythropoïétine).

On connaît le scandale des opiacés (avec l’OxyContin, commercialisé par Purdue en 1995). Mais ce que vous ne savez pas est que J & J était partie prenante et même en avance.

D’abord, avec son propre antidouleur à base de fentanyl (le Duragesic, autorisé par la FDA en août 1990)… Un système de patch (transdermique), 75 fois plus puissant que la morphine. Le dosage n’était pas précis. Il y a eu des morts.

Ce médicament était d’abord réservé aux douleurs intenses (cancers, etc.). Suivant le marketing de Purdue (avec son OxyContin) J & J a ensuite élargi l’utilisation du produit aux « douleurs chroniques ».

J & J possède des plantations de pavot en Tasmanie (Australie) depuis le milieu des années 70 pour fournir la matière première à son Tylenol codéiné (et autres opiacés médicaux).

J & J comprend vite que l’OxyContin représente un gros potentiel. A la demande de Purdue, J & J va alors développer une variété spéciale de pavot (« Norman ») permettant de maximiser la production de la molécule principale utilisée dans l’oxycodone (OxyContin): la thébaïne.

En 1996, les fermiers en Tasmanie plantent 500 hectares de ce pavot génétiquement modifié. Un chiffre qui augmentera de 50 à 100 % chaque année après. Entre 1993 et 2000, la surface totale triple ! Les fermiers font fortune et conduisent des Mercedes importées.

Si Purdue incarne la face commerciale de ce désastre de santé publique, J & J est de facto le fabricant derrière. Le boss : Don J & J. Et il en a financièrement largement profité.

Aux Etats-Unis, J & J finit ainsi par fournir 65 % de tout l’oxycodone, 54 % de l’hydrocodone, 60 % de la codéine et 60 % de la morphine (utilisés dans le pays) !

David Kessler, un ancien patron de la FDA, déclara que sans les efforts extraordinaires de J & J en Tasmanie, les Etats-Unis n’auraient pas connu l’explosion des opiacés sur ordonnances.

Passons à l’EPO.

Il s’agit d’une forme synthétique d’une hormone qui stimule la fabrication des globules rouges.

La FDA autorise sa vente en 1988. Les sociétés Amgen (marque Epogen)et J & J (marque Epocrit) se partagent ce marché, d’abord focalisé sur les dialyses (les dialyses détruisent des globules rouges ce qui entraîne des besoins en transfusions, l’EPO était vue comme une solution pour réduire ces besoins).

J & J a ensuite une idée géniale : les cancers. Les traitements (chimios, rayons) provoquent des anémies. Solution ? EPO ! Un essai clinique ridicule avec 131 patients est monté afin d’obtenir le feu vert de la FDA. L’essai est concluant : les cancéreux avec de l’EPO ont moins besoin de transfusions sanguines. Fermez le ban et ouvrez les comptes bancaires.

Pourtant, dès le début, des chercheurs s’aperçoivent que l’EPO agit comme un engrais sur des cellules cancéreuses. Un accélérateur de tumeurs.

En 1989, le magazine Fortune déclare l’EPO « produit de l’année ». Pourtant, les risques cardiaques et de croissance tumorale sont déjà identifiés.

Suit un long jeu de cache-cache. J & J devait fournir des résultats d’autres études… Les années passent. Aucune donnée. Puis, il y a des évolutions réglementaires sur la manière de rembourser les médicaments aux Etats-Unis, provoquant une explosion financière. Des sommes importantes partagées avec les médecins prescripteurs. Sans oublier de nombreuses pratiques pour contourner les réglementations en vigueur.

Il est ainsi interdit de donner du cash aux médecins. Mais J & J leur donne des échantillons « gratuits » qui sont ensuite facturés aux malades (et donc aux assurances et à Medicare dans le cas des hôpitaux) !

J & J augmente également la quantité de produit par fiole pour compenser les « pertes » (alors qu’en réalité, les hôpitaux utilisent ces quantités et les vendent !)

Tout un système se met en place. Une machine de guerre.

En 1998, l’Epocrit devient le produit le plus profitable de toute l’histoire de J & J.

En 2001, il pèse 10,4 % de son chiffre d’affaires total !

La société ment délibérement dans des messages publicitaires. La FDA proteste, impose des amendes. Mais J & J continue de diffuser ses pubs pendant des mois. Le mal est fait. Cynisme.

En octobre 2023, une étude publié dans le Lancet choque par sa conclusion : l’EPO tue des cancéreux !

En 2016, les ventes aux Etats-Unis s’élevaient encore à 1,1 milliard. En 2021, 479 millions. Seuls quelques cancérologues perdus dans la campagne américaine prescrivent encore de l’Epocrit à des malades du cancer.

Voici la conclusion de l’auteur : « Le désastre de l’EPO dépasse à bien des égards celui des opioïdes sur ordonnance.

Si les deux ont coûté la vie à un nombre similaire de personnes, les fabricants d’opioïdes n’ont jamais entraîné autant de médecins et d’institutions médicales prestigieuses dans une criminalité aussi flagrante et systématisée, les poussant ainsi à la complicité, en toute connaissance de cause et avec avidité.

Les opioïdes soulagent la douleur comme aucun autre médicament ne peut le faire, permettant aux patients de bénéficier d’un traitement. En revanche, les transfusions sanguines étant bien plus sûres et efficaces, l’EPO n’offre à la quasi-totalité des patients que des blessures et la mort.

Et comme l’EPO est beaucoup plus chère que n’importe quel opioïde, l’ampleur du détournement des fonds publics, des assurances et de l’argent des patients est considérablement plus importante. »

Je vous avais dit que c’était du lourd.

J’arrête là. Impossible de résumer tout le livre. C’est passionnant, édifiant, hallucinant même (quant au monde corporate et au système médical et réglementaire américain).

Et surtout cela fait peur.

Le cancer nous effraie tous. La peur paralyse et stimule à la fois. Vous devez aller jusqu’au bout de cette peur, et pas seulement celle de la maladie. Mais aussi la peur provoquée par les sociétés, les institutions et les professionnels qui prétendent vous aider.

L’exercice est difficile mais sain.

La connaissance est une forme de catharsis.

No more tears, the dark secrets of Johnson & Johnson, Gardiner Harris (Random House, avril 2025). Hélas, pas encore de traduction française.

L’expression « no more tears » du titre est bien entendu un clin d’oeil (sombre) au slogan publicitaire utilisé par J & J pour ses shampoings pour bébés (« ne pique pas les yeux »).